La culture

Introduction

L’histoire du sens du mot culture

1. Le mot culture est d’origine latine, il vient du verbe latin « colere » qui signifie cultiver ou honorer (prendre soin mais aussi rendre un culte aux dieux) et désigne d’abord l’agriculture.

Sens que l’on retrouve aujourd’hui dans des expressions comme la culture de céréales ou du fourrage. Il s’agit ici du travail de la terre en vue de lui faire produire des végétaux destinés à la consommation animale ou humaine.

2. Il va désigner ensuite par analogie le développement des facultés intellectuelles de l’homme par des exercices appropriés. On cultive l’esprit comme un sol. En ce sens, cultiver, c’est éduquer. On retrouve ce sens avec le fait d’être cultivé ou avec la culture physique.

La culture physique : développement et entretien de capacités physiques (force, souplesse, vitesse, habileté, coordination…) par des exercices physiques, par la pratique d’un sport notamment.

Avoir de la culture : avoir des connaissances précises dans un ou plusieurs domaines. On peut parler de culture artistique, historique, scientifique, philosophique… Elle s’acquiert en grande partie par la lecture, c’est-à-dire par le contact avec des œuvres et des moyens d’accès aux œuvres (ouvrages de vulgarisation scientifique, manuels, analyses et commentaires d’œuvres…)

3. Par la suite encore, le mot culture va désigner l’ensemble des comportements acquis et transmis d’une génération à l’autre, c’est-à-dire, les mœurs, les usages, le mode de vie d’une population. Avec ce sens, on change d’échelle : on passe des individus aux sociétés dans leur ensemble. La culture d’un peuple, la civilisation. La culture grecque, occidentale, orientale…

La culture désigne la façon de vivre et de penser propre à un peuple ou un ensemble de peuples à une époque donnée. Le mot culture est plus ou moins synonyme de mode de vie d’un peuple, de mœurs, d’usages, de coutume ou de tradition.

Cela concerne tous les domaines de la vie d’un peuple ou d’une société : la langue, les techniques, les arts, les connaissances, les croyances religieuse ou pas, les valeurs, l’organisation sociale, économique et politique. Tout ce qui détermine la façon de penser et d’agir des individus.

Ce sens de l’histoire va passer à la sociologie où il va désigner les manières de penser et d’agir propre à un groupe social déterminé. On peut parler de culture d’entreprise, de culture jeune. Il s’agit de l’ensemble des règles implicites ou explicites, propre à un groupe, qui organise son fonctionnement interne, notamment les rapports entre ses membres.

4. Pour finir, le mot culture va désigner un des aspects de la culture, un de ceux qui permettent de l’identifier et qui circule le mieux d’une culture à une autre, à savoir les arts. D’où le Ministère de la Culture.

Bilan et définitions

Deux sens du mot culture s’imposent. La culture concerne au niveau des individus la façon dont ont été développées leurs dispositions naturelles par l’éducation et au niveau d’un groupe, d’une société ou d’un peuple sa façon de vivre et d’agir en fonction de règles implicites ou explicites.

Ces deux sens sont liés : cultiver au sens d’éduquer, c’est inculquer une façon de penser et de vivre précise, c’est donner une forme socialement admise, exigée ou valorisée à la pensée et la façon d’agir des individus. Eduquer, c’est donc former les individus en fonction de l’environnement humain, de la culture donc, dans lequel ils vivent.

De ce point de vue, la culture d’un groupe, d’une société, d’un peuple s’inscrit dans les individus en donnant à leurs dispositions une forme déterminée par les règles communes. La culture, c’est donc ce qui dans les individus ne leur est pas propre, ce qu’ils partagent avec les autres, ce qui les apparente aux autres. Tout ce que les individus d’un groupe, d’une société ou d’un peuple pensent, croient, font comme les autres appartient à leur culture. Le contraire de la culture, c’est donc le singulier, l’individuel, et donc ce qui n’est pas normé, l’anormal, le déviant (qu’on donne à ses mots un sens descriptif ou normatif).

Les questions et les problèmes

Puisque les hommes cultivent leurs dispositions au sein d’une culture qui leur donne une forme déterminée par des règles, on peut se demander quel rôle joue l’éducation et l’inscription dans une culture : les hommes sont-ils simplement assujettis à des normes culturelles qui donnent une forme déterminée à ce qu’ils sont indépendamment de la culture ou les homme ne deviennent-ils des hommes que grâce au travail que la culture leur fait effectuer ? Les hommes sont-ils hommes indépendamment de la culture ou par la culture ? Est-on homme par nature, par la naissance, la culture ne faisant que donner une forme extérieure à ce que nous sommes ou la culture nous rend-elle humains ?

De même, puisque c’est au sein d’une culture que nos dispositions naturelles sont cultivées et mise en forme, on peut se demander si cette mise en forme, cette mise en valeur nous permet de cultiver toutes nos dispositions de façon à nous permettre de nous accomplir ou si le travail de la culture ne serait pas plutôt une mise en forme de nos dispositions en fonction des exigences de la culture sans considération pour nos aspirations et dispositions et même à notre détriment. La culture nous cultive-t-elle ou nous soumet-elle à ses propres exigences ? Est-elle au service des individus ou les met-elle à son service ?

Enfin, la définition de la culture implique qu’il n’existe pas une seule culture, mais autant de cultures que de groupes, de sociétés et de peuples. On peut alors se demander si certaines cultures ne valent pas plus que d’autres et plus encore s’il est possible de prononcer des jugements légitimes sur la valeur des autres cultures. Peut-on juger de la valeur des autres cultures ou plus modestement de certaines pratiques culturelles ou doit-on considérer que toutes les cultures se valent ?

I) L’humanisation de l’homme par la culture

La culture est universelle : tous les hommes vivent au sein d’une culture. En effet, il n’est possible qu’un homme vive durablement parfaitement seul ou sans le secours d’autres hommes. Dans ces conditions, les hommes sont membres d’une société et donc d’une culture puisque l’organisation de toute société quelle qu’elle soit relève de la culture.

Or, même chez les animaux qui vivent en société, on ne parle pas de culture. (Ou plutôt, si on commence à parler de cultures chez les animaux – parce que des techniques qui peuvent varier d’un groupe à une autre de la même espèce sont transmises et parce qu’il existe chez certaines espèces des conduites qui visent à réguler et pacifier la vie sociale – elles n’ont pas l’importance qu’elles ont chez les hommes, à la fois par leur nécessité et par l’étendue de leur imprégnation)

On peut alors se demander quel rôle joue la culture chez l’homme. Les hommes pourraient-ils être des hommes à part entière indépendamment de la culture, comme les animaux, ou doivent-ils être membres d’une culture pour être des hommes ?

Les hommes sont-ils humains par nature ou le deviennent-ils par la culture ? La nature de l’homme peut-elle être définie indépendamment de la culture ou est-elle liée à la culture ?

Qu’est-ce qui distingue un homme d’un animal ? Si l’homme est aussi un animal, en quoi se distingue-t-il néanmoins des autres animaux ? C’est à cette question que peut répondre un extrait de La politique, d’Aristote. Livre I, Chap. 2.

 » Il est manifeste, (…), que l’homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain, et il est comme celui qui est injurié en ces termes par Homère : « sans lignage, sans loi, sans foyer ».

Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de trictrac. C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire.

Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l’homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par suite aussi le juste et l’injuste. Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre. » ARISTOTE

Commentaire :

Aristote distingue l’homme des animaux de trois manières : par la vie sociale, par le langage et par la conception du juste et de l’injuste.

1 ) L’homme est un animal politique. C’est sa nature et sa différence avec les autres animaux. Il l’est par nature, c’est-à-dire que cette différence, l’homme la doit à la nature en tant qu’elle a produit cette nature de l’homme.

Que signifie cette formule ? Que l’homme vit en société, qu’il est sociable, que par nature il est disposé à vivre avec ses semblables ? Sans doute, mais cette lecture est insuffisante pour plusieurs raisons :

– On pourrait en dire autant de certains animaux, comme les abeilles ou les fourmis, qui elles aussi vivent en société et selon une organisation sociale complexe et efficace. Or, la socialité est présentée par Aristote comme une différence spécifique. Ce qui indique que la sociabilité n’est pas du même ordre chez l’homme que chez les animaux, qu’entre celle des hommes et celle des animaux il y a une différence de nature et non de degré.

– On pourrait aussi dire exactement le contraire et cela passerait aussi pour exact, à savoir que l’homme est un animal agressif, qui ne supporte pas tous ses semblables et qui n’hésite pas quelquefois à s’en prendre eux. Ce qui indique que la sociabilité ne désigne pas ici une disposition bienveillante à l’égard de tout le monde.

– Du reste, Aristote ne parle pas de sociabilité, mais de politique : cela veut dire que l’homme par nature est l’être qui vit en Cité, c’est-à-dire non seulement avec les autres, mais surtout en fonction de règles sociales et politiques qui définissent l’ordre social et politique, le statut, les fonctions et la valeur de tous les individus par des lois qui se doivent d’être justes.

Alors, comment faut-il comprendre cette formule ?

Ce qu’il y ajoute permet de le comprendre : l’homme n’est pas tant un être doué de sociabilité qu’un être qui ne devient un homme que s’il vit avec les autres dans une Cité. L’homme ne devient un homme que par cette appartenance à une cité : on ne naît pas homme en tant que tel, on le devient en vivant dans un foyer, sous l’autorité des lois et avec la conscience d’appartenir à une lignée précise. L’homme n’est pas seulement sociable, il ne devient homme qu’en société. Qu’est-ce qui autorise cette lecture ? Qu’Aristote parle d’hommes qui ne vivent pas en cité comme d’êtres qui ne sont pas des hommes, mais ou des êtres violents, dont la nature est la violence ou des êtres surhumains, des dieux. Ces êtres, qui sont des membres de l’espèce humaine, ne sont pas devenus des hommes, ne sont pas des hommes accomplis parce qu’ils ne vivent pas en cité. Dit autrement : ils sont des hommes, mais faute de vivre en société, ils ne sont pas des hommes accomplis, achevés parce qu’ils n’ont pas réalisé le programme de leur nature humaine. Il distingue toutefois ceux qui ne vivent pas en cité malgré eux, comme les naufragés ou les exilés de ceux qui ne vivent pas en cité par nature, c’est-à-dire en accord avec eux-mêmes. Soit par exemple les êtres qui vivent dans la plus totale des marginalités.

Cette définition de l’homme est par ailleurs confirmée en quelque sorte par les enfants sauvages, notamment Victor de L’Aveyron. Certes, c’est bien malgré lui qu’il était sauvage, c’est-à-dire en forêt, mais à un âge où de toute façon il n’aurait pas pu choisir quoi que ce soit. Il n’est pas devenu un homme accompli, par exemple n’a jamais vraiment appris à parler, ni à lire ou écrire faute d’avoir passé son enfance en compagnie des hommes, en cité. Il est un homme par son appartenance à l’espèce humaine, mais n’est pas un homme accompli parce qu’il ne présente pas les traits que l’on retrouve ordinairement chez les hommes, du moins ceux de son époque, sans que ce manque puisse être mis sur le compte d’une arriération mentale, comme d’abord on l’avait pensé. Il n’est pas un homme idiot, il n’est pas devenu un homme.

Mais, cette définition de l’homme indique du coup qu’il est possible que des êtres qui appartiennent à l’espèce humaine ne soient pas considérés comme des hommes à part entière faute d’avoir accompli leur nature au sein de la vie sociale et politique, et cela même si ces êtres ont connu une vie sociale animale.

2 ) L’homme est un animal doué de parole

Aristote après avoir montré que l’homme est un animal politique invoque une autre différence entre l’homme et les animaux, différence qui est lié à la première et dont le rapport est introduit par le principe souvent présent chez Aristote selon lequel la nature ne fait rien en vain.

Que signifie ce principe ? Que la nature, comprise ici comme puissance d’engendrement, ne dote pas les êtres qu’elle engendre de certaines caractéristiques au hasard, mais leur attribue les qualités dont ils ont besoin. Ici, il s’agit de la parole. Pourquoi les hommes en ont-ils besoin? Parce qu’ils vivent en société et que dans le cadre de la vie sociale, ils ont besoin de communiquer et de s’exprimer.

Suit une réponse à une objection implicite. Laquelle? L’homme n’est pas le seul être capable de communiquer puisque les animaux ont eux aussi cette faculté. C’est ici qu’intervient une distinction importante entre la voix et la parole, phonè et logos. Les animaux peuvent communiquer entre eux, mais ce qu’ils communiquent, c’est la douleur et le plaisir et non des idées, lesquelles exigent non pas seulement d’avoir une voix, mais d’avoir la parole. Or, l’homme, pour vivre en cité a besoin de l’expression d’idées et non pas seulement du plaisir et de la peine, c’est pourquoi selon Aristote il est doué de la parole.

Il faut toutefois observer que si l’homme est doué de parole pour vivre en cité, avec les autres, il ne devient en effet parlant que par la vie sociale : sans elle, l’homme a sans doute la faculté de parler, mais il ne la réalise, ne l’actualise que dans et par la vie sociale qui pour commencer lui impose l’usage d’une langue déterminée comme moyen d’expression et de communication de ses pensées.

L’explication d’Aristote est finaliste : c’est en vue de la vie en cité que l’homme est doué de la parole. C’est parce qu’il est un animal politique qu’il est doué de la parole. Cette deuxième différence d’avec les animaux est subordonnée à la première en cela que la parole est le moyen par lequel l’homme peut réaliser sa nature propre au sein de la vie sociale. Cette explication a le mérite suspect de toutes les explications finalistes et en particulier élude totalement le problème que posera Rousseau de l’origine des langues : pour parler, il faut une vie sociale, pour avoir une vie sociale, il faut parler. Du reste, Rousseau avoue ne pas savoir comment s’en sortir.

3 ) L’homme est un animal qui a des idées du juste et de l’injuste

Troisième différence entre l’homme et les animaux, directement en rapport avec la précédente : l’homme a des idées au sujet du juste et de l’injuste, idée qu’il élabore à partir de celles de douleur et de plaisir, puis d’avantageux et de nuisible. On passe donc de ce que l’on sent à l’expression de ce qui est utile ou nuisible, c’est-à-dire qu’on se met à dire ce qui procure l’une ou l’autre de ces deux sensations, à la suite de quoi on élabore les idées du bien et du mal, du juste et de l’injuste.

Pas de Droit, de tribunaux chez les animaux. L’existence d’une règle se reconnaît à la présence d’une instance qui veille à son respect et punit ceux qui ne la transgressent.

Il n’y a pas d’interdits, de tabous chez les animaux. Or, précisément, l’anthropologie estime que l’interdit de l’inceste est chez l’homme universel et distinctif.

4 ) Conclusion :

Aristote met donc en évidence trois différences entre l’homme et les animaux qui non seulement le distingue d’eux, mais qui de surcroît font apparaître ce qui caractérise l’homme en propre. Définir, c’est toujours distinguer ; découvrir l’identité passe presque toujours par la mise en évidence des différences.

L’homme est un animal politique, doué de la parole grâce à laquelle il peut communiquer certes, mais surtout exprimer des idées que les animaux n’ont pas, celles du bien et du mal, du juste et de l’injuste.

Ces trois traits forment un tout : la parole permet d’instituer les lois qui permettent de pacifier et d’organiser la vie sociale au sein de laquelle on devient homme.

Dire que l’on ne devient un homme qu’au sein de la vie sociale, c’est dire que l’on ne devient un homme qu’au sein d’une culture déterminée et par l’éducation puisque toutes les sociétés en lesquelles et par lesquelles on devient homme, ont une culture propre.

Voilà une des causes majeures qui explique pourquoi les hommes sont si différents les uns des autres : ils ne deviennent hommes qu’au sein d’une société, donc d’une culture, or les cultures sont différentes les unes des autres et elles déterminent les individus dans leur langue, leur manières d’être, de se comporter, de penser, de sentir, de telle sorte qu’ils finissent pas tous se distinguer les uns des autres. L’homme n’advient à lui-même qu’au sein de la culture, or la culture transforme très fortement les individus qui sont en son sein de telle sorte qu’elle les distingue à la fois de ceux qui appartiennent à d’autres cultures et dans une moindre mesure entre eux au sein d’une même culture.

Ce qui fait l’homme est donc en dehors de lui, objectif et ne le fait homme que par assimilation. La nature de l’homme n’est pas dans sa nature biologique, elle est dans l’assimilation de ce qui fait la culture.

L’homme n’est pas homme par nature (par le simple fait qu’il existe, qu’il naisse, qu’il vive au sens biologique), il ne devient un homme que par la culture. La culture façonne les animaux humains de telle sorte qu’ils deviennent des hommes en devenant français ou chinois.

Le processus d’humanisation de l’homme par la culture met en œuvre une telle mise en forme des hommes qu’il est impossible ni avant ce processus (puisqu’il n’y a pas d’homme avant lui), ni après ce processus de déceler une nature humaine naturelle : tout est naturel et tout est culturel. Les formes prises par la culture ne sont pas déterminées par la nature de l’homme, par exemple par sa biologie (Merleau-Ponty). La preuve en est qu’il existe des cultures et pas une seule culture. Si la culture était déterminée par la biologie, comme celle-ci est universelle, la culture le serait également, ce qui n’est pas le cas. On ne peut donc pas à la façon de Rousseau invoquer l’existence d’une nature humaine originelle ou originaire, corrompue par la culture, à laquelle il serait possible de revenir, historiquement et anthropologiquement. La critique de la culture ne peut pas s’appuyer sur la nature.

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